Ces schémas qui se répètent : un constat fréquent
Il n'est pas rare d'entendre lors de mes consultations :
- "Je savais que cette personne n’était pas disponible émotionnellement, mais j’y suis allée quand même. "
- "Je tombe toujours sur des personnes qui ne veulent pas d'engagement."
- "Je donne trop, encore une fois, et je me perds."
- "Je retombe toujours sur le même type de partenaire."
Qu’il s’agisse d’une relation amoureuse, d’une amitié amoureuse, ou d’un lien fort entre deux individus, la répétition provoque souvent un mélange de frustration, de tristesse et parfois de culpabilité.
Ces relations laissent une trace profonde : elles touchent à l’image que l’on a de soi, à notre place dans le lien, à notre besoin de reconnaissance et à notre recherche d’amour.
Derrière ces phrases, se cache une souffrance réelle : celle de revivre une blessure déjà connue, malgré la volonté de ne plus y retourner. On pense avoir "compris la leçon", mais on retombe dans le même type de relation, avec les mêmes frustrations, les mêmes doutes… et souvent, la même fin.
D'où viennent ces schémas répétitifs ?
L'attachement précoce
Nos premières expériences relationnelles, dès l’enfance, construisent un modèle de la relation. Ce modèle influence notre façon d’entrer en lien, de vivre la proximité, la distance, l’engagement, la sexualité ou encore la jalousie.
Selon la théorie de l’attachement, nous développons une manière spécifique d’aimer, souvent sans en avoir conscience. Ce modèle agit comme un miroir intérieur : il guide nos choix, notre attirance, notre attirance physique ou visuelle, et même notre façon de gérer les conflits.
À l'inverse, une personne qui a grandi dans une ambiance instable, absente, ou surcontrôlante pourra développer :
- une peur de l'abandon,
- une difficulté à faire confiance,
- une tendance à se sur-adapter,
- ou à s'accrocher à des relations toxiques.
Ces dynamiques précoces peuvent inconsciemment orienter nos choix amoureux, comme une boussole déréglée qui continue de pointer vers un "faux nord".
Les croyances limitantes
Avec le temps, nos expériences viennent renforcer certaines croyances :
"Je ne mérite pas mieux", "L'amour, c'est souffrir un peu", "Je dois prouver que je vaux la peine d'être aimé·e".
Ces pensées deviennent de vrais filtres émotionnels à travers lesquels nous interprétons les situations. Résultat : on s'attache à des partenaires qui confirment notre scénario intérieur… et on écarte parfois ceux qui ne le confirment pas, car cela nous semble "trop beau" ou "pas normal"
Une loyauté invisible à notre histoire familiale
Sans nous en rendre compte, nous pouvons être loyaux à nos modèles parentaux ou familiaux, même s'ils ont été souffrants. Par exemple :
- reproduire une relation conflictuelle parce que c'est ce que l'on a connu entre nos parents,
- rester avec quelqu'un qui nous maltraite parce qu'on a appris qu'"on ne quitte pas les gens qu'on aime".
Ce ne sont pas des choix conscients, mais des répétitions parfois très puissantes.
Est-ce de notre faute ? Non. C'est le fruit de notre histoire.
Ce n'est pas une question de volonté, ni d'intelligence. Ces répétitions ne viennent pas d'un manque de lucidité. Nous sommes guidé(e)s, parfois à notre insu, par des mécanismes profonds liés à notre histoire personnelle.
Nos premiers liens affectifs avec nos parents, nos figures d'attachement, ont façonné notre manière d'aimer, de nous sentir aimé(e), de gérer le manque, la peur, la proximité, l'indépendance.
Ainsi, nous allons inconsciemment vers ce que nous connaissons, même si cela nous fait souffrir. Parce que c'est ce que nous avons appris à considérer comme "l'amour".
Quelques exemples de schémas fréquents en amitié et en amour
Le sauveur/sauvée : vous tombez toujours sur des partenaires à "réparer", pensant qu'en donnant beaucoup, l'autre finira par changer.
L'évitant : vous choisissez des personnes distantes ou froides, reproduisant un manque affectif vécu dans l'enfance.
Le dépendant : vous vous accrochez dès les premiers signes d'affection, par peur d'être abandonné(e).
Ces dynamiques se rejouent tant qu'elles ne sont pas mises en lumière, tant qu'on n'a pas compris quelle blessure elles viennent combler.
Comment sortir de ces répétitions de schémas ?
La première étape est celle de la prise de conscience.
Avant tout, il vous faut Identifier les similitudes entre vos relations passées :
- Le type de personne que vous attirez.
- La manière dont la relation commence… et se termine.
- Vos émotions récurrentes : peur, colère, frustration, culpabilité, abandon…
Ensuite, posez-vous la question : "Qu'est-ce que je cherche, inconsciemment, à revivre ou à réparer ?"
Souvent, ces répétitions sont une tentative de rejouer une scène non digérée du passé, mais cette fois "en la réussissant". Le problème ? Ce passé ne peut pas être réparé dans le présent sans une prise de distance et une mise en mots

La thérapie : un espace pour comprendre, et surtout transformer
Dans l'accompagnement thérapeutique, nous allons explorer ces schémas, non pas pour les juger, mais pour les comprendre avec douceur et clarté.
En thérapie, vous pouvez :
- Identifier vos blessures d'attachement (abandon, rejet, trahison, injustice, humiliation).
- Revisiter vos relations passées avec un nouveau regard.
- Apprendre à poser vos besoins et vos limites, ce qui est fondamental pour construire des relations saines.
- Retrouver confiance en votre capacité à choisir différemment.
Peut-on vraiment aimer autrement ?
OUI, mais cela demande parfois de déconstruire ce que l'on croit être l'amour.
L'amour n'est pas synonyme de manque, de lutte, de sacrifices permanents ou de peur de l'abandon. L'amour peut être simple, respectueux, vivant, nourrissant.
Et surtout : vous avez le droit de ne plus rejouer un scénario douloureux. Vous avez le droit d'écrire une autre histoire.
Si vous avez le sentiment de revivre encore et encore les mêmes déceptions, la même solitude, la même douleur en amour… ce n'est ni une faiblesse, ni un échec personnel. C'est un signal. Un appel à aller voir ce qui se joue en vous, et ce qui peut être transformé.
Changer, ce n'est pas se renier. C'est se libérer de ce qui nous pousse à revivre ce que l'on connaît – même si cela fait mal.
Quand les mêmes schémas se répètent, il est temps d’agir
Répéter les mêmes schémas n’est pas une fatalité. Derrière ces fonctionnements se cachent souvent des blessures, des expériences passées et des besoins non entendus. La Gestalt thérapie permet de mieux comprendre ces mécanismes et de s’en libérer progressivement. Si cet article résonne en vous, nous vous invitons à prendre contact afin d’entamer un travail d’accompagnement adapté à votre histoire.
Ce moment peut être le point de départ pour remettre du sens sur vos relations, ensemble.
Un premier échange peut déjà faire la différence.
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